Balades à Boutiers St Trojan ...
Pont sur Le Solençon vers 1900 
Vies et coutumes d'autrefois (2/2)...


Retour 1ère partie ... 

CE N'ETAIT PAS ENCORE LE TGV
En 1927, mon patron avait entrepris la peinture d'une maison de maître dans une propriété située à Langlé près d'Aigre. Il n'avait pas de voiture pour se déplacer, d'ailleurs il y avait peu de voiture à cette époque (il n'y en avait qu'une sur la commune de Boutiers à Bel-Air...), aussi les déplacements méritent d'être racontés.
Pour aller à Aigre avec bagages et de quoi travailler la semaine, nous avons pris le train en gare de Cognac vers 7h00 jusqu'à Jarnac puis changement de train et nous prenons le chemin de fer départemental dit "économique" et tout doucement en passant par Sigogne et Rouillac, nous arrivâmes à Aigre vers 13h00 en zigzaguant dans la campagne car le train s'arrête à toutes les fermes d'où on lui faisait signe. Souvent, chauffeur et mécanicien vont faire un brin de causette avec la fermière et quelquefois boire un coup (l'alcoomètre n'est pas inventé ...). A Aigre, nous nous chargeons de nos bagages et à pied, nous entreprenons les 4 kms qu'il nous reste pour arriver à Langlé où nous arrivons vers 14h00. Petite moyenne, 7 heures pour faire une quarantaine de kilomètres...
Il ne nous restait plus qu'à travailler. Nous étions nourris et couchions sur place. Les distractions manquant et loin de tout, le programme était manger, dormir et travailler. Nous travaillions 10 à 11 heures par jour. Autres temps, autres moeurs... Mais nous étions contents le chantier fini, de retrouver Cognac et notre vie habituelle.

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MERCI, MADAME L'EPICIERE
Quand nous étions gamins, faire du sport n'était pas bien vu de nos parents. Aussi pour taper dans une balle, il fallait se débrouiller. La balle était quelquefois remplacée par des chiffons ou de la toile de sac roulés très serrés et attachés avec de la ficelle. Notre terrain de jeu était "la chaume" aujourd'hui la place de l'église. Un des buts était entre deux arbres, face à la porte de l'église et quand, pendant les offices, la balle tapait dans la porte, nous avions droit aux félicitations des fidèles assistant à la messe...
Une journée, l'une des épicières a mis à l'étal une tombola dont le 1er lot était un ballon. Pensez si nous le convoitions ! Cette tombola était comme dans les fêtes foraines, des billets roulés avec des petits lots mais ce qui nous intéressait, c'était le ballon... Nos modestes ressources, quelques sous gagnés à conduire les chevaux pour labourer les vignes ou à faire de menus travaux (pomper l'eau au port Boutiers...) ne nous permettait pas d'acheter tous les billets. Nous avons donc mis nos sous en commun et quand nous avons eu le nécessaire pour acheter tous les billets restant, nous avons emporté billets et ballon. Mais l'épicière avait été surprise car nous avons déroulé nos billets et n'avons pas trouvé le billet gagnant le ballon ?!!
Nous n'avons rien dit mais personnellement, merci Mme l'épicière, car vous m'avez guéri de la passion des jeux de hasard des fêtes foraines ...
Cette histoire date du début du siècle et nous en parlons encore avec les quelques survivants de cette époque.

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ON TUE LE COCHON
Le repas de cochon était prétexte à une réunion de famille, de voisins et d'amis, prévu assez longtemps à l'avance en hiver. C'était un jour de liesse !
Il y avait dans le village 1 ou 2 spécialistes (plus ou moins adroits...) pour tuer le goret. C'était un vrai spectacle. Il fallait d'abord sortir le cochon du toit. Plus ou moins facile car on ne lui avait pas donner à manger la veille. Sorti du toit, il était étendu sur une échelle, la tête plus basse que le reste du corps. Le tueur munit d'un couteau très affûte cherchait l'artère sous le cou et la coupait. Suivant l'adresse du tueur, il saignait très vite ou bien criait pendant de longues minutes ... Le sang était précieusement recueilli dans une bassine sans arrêter de la brasser. On en faisait des boudins.
Quand le goret était bien mort, on l'étendait sur de la paille bien sèche et on faisait flamber la pauvre bête pour brûler les poils et gratter la couenne. Après, le goret remis sur l'échelle était dressé tête en bas le long d'un mur. Il était ouvert et vidé de ses tripes. Puis c'était l'heure du casse croûte bien arrosé...
Les femmes nettoyaient les tripes, épluchaient les oignons et autres ingrédients et c'était la confection des boudins. A midi, on mangeait "la pire". Le lendemain, le goret bien froid était découpé, les jambons préparés. Au repas du midi, on mangeait les cotes premières frites, un véritable délice ! Puis le gras était découpé en petits dés que l'on faisait fondre dans un grand chaudron dans la cheminée en touillant sans arrêt. C'était la place de la femme la plus âgée, assise sur une chaise en brassant la graisse. Il fallait veiller à ce qu'elle ne s'endorme pas. Les jambons étaient préparés pour être mis à saler. Les rôtis et autres étaient conservés dans la graisse. Les saucisses et boudins préalablement cuits étaient suspendus au plafond à sécher jusqu'à leur consommation.
La coutume voulait que l'on fasse cadeau aux voisins et amis de rôtis, boudins et saucisses. Cela s'appelait "faire des présents". Les gens nous rendaient la pareille quand ils tuaient leur goret. Ce qui fait que l'on mangeait de la viande de porc tout l'hiver. Le repas était souvent accompagné d'une salade de pissenlit que les hommes allaient chercher pendant que les femmes coupaient la viande. Ils disaient de cette salade : "O dégraisse la goule..."
Ce repas était une fête et un lieu de rencontre très apprécié de tous. On mangeait et on buvait bien ...

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UN SYNDICAT VICTIME DU PROGRES
Pendant mon apprentissage commencé en 1924, j'avais souvent entendu les compagnons plus âgés, employer l'expression : "Camarade syndiqué de la charrette à bras".
Je n'avais jamais su l'origine de cette phrase. Dernièrement, en lisant une nouvelle signée Gabriel Maitre, compagnon ébéniste, j'ai eu l'explication de ce terme.
Il existait à Cognac en ce début de siècle, un syndicat des transporteurs à bras. Leur président fut pendant longtemps Mr Mignon. Quand les adhérents mouraient, il prononçait l'éloge funèbre, très court et toujours le même : "Camarade syndiqué de la charrette à bras, dors en paix, les patrons ne t'emmerderons plus ...!".
A cette époque en effet, la charrette à bras était le moyen de déplacement le plus fréquent, et beaucoup de patrons considéraient ouvriers et apprentis comme bêtes de trait. Il n'était pas rare d'aller à 8 ou 10 kms avec la charrette à bras et les routes n'étaient pas goudronnées. Et si nous rouspétions d'être trop chargés, la réponse était : "tu trouveras bien un couillon pour t'aider...". Et souvent un piéton ayant pitié de nous, aidait à pousser la charrette en faisant un bout de route et la causette avec nous ...

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LES GLACIERES D'AUTREFOIS
Si aujourd'hui avec frigidaire et congélateur, le fait d'avoir de la glace l'été n'est plus un problème, il n'en était pas ainsi autrefois...
Aussi, depuis très longtemps, nos ancêtres ont essayé plusieurs façons de conserver de la glace ramassée en période froide l'hiver jusqu'aux chaudes journées d'été. Un des principes était le stockage. Il existe encore des vestiges de ces glacières creusées dans le rocher, maçonnées intérieurement en briques ou moellons en laissant un vide qui était rempli avec du charbon de bois. Il fallait prévoir un puisard pour écouler l'eau de la glace qui fondait et une aération. En surface, l'isolation consistait en couches superposées de paille et de terre. Des arbres feuillus y étaient plantés pour faire de l'ombre l'été.
En Allemagne, pendant la guerre 39-45, j'ai travaillé à ce stockage de glace. Elle était prélevée sur les étangs gelés, cassée et stockée dans des caves de brasserie. Elle se solidifiait et se conservait tout l'été. Cela se passait en Haute Bavière aux environs de Nuremberg.
Mais revenons en France. Dans notre région, l'on conservait la glace dans les carrières de Châteauneuf et Les Chaudrolles. Il existe une glacière aménagée dans une cave du Château Chesnel (Cherves) datant du début du XVII ème siècle. Il en existait une à Montagant presque complètement disparue. Une autre disparue aussi, route de Cognac à Ste Sévère a donné son nom à un lieu-dit "La glacière". A Cognac, un plan de 1875 mentionne l'emplacement d'une glacière dans le parc François 1er *. On a aussi trouvé des vestiges de glacières au château de Tesson au nord de Gémozac, et à Briagne près de Saujon.
Vers la fin du XIX ème siècle, apparut à Cognac les premières fabriques de glace industrielle (av. Victor Hugo et rue de l'abattoir). Elle était vendue par pain de 20 kgs (1.20 m de long sur 0.25 m de coté) à 5 Frs d'avant guerre... Cela faisait très cher aussi, on achetait 1/2 ou 1/4 de pain. Je me souviens du livreur de glace avec une voiture à cheval, un tablier de cuir sur l'épaule et un crochet pour tirer et casser les pains. Ces commerces cessèrent en 1947 quand apparurent les chambres froides et les premiers frigidaires.
* D'après les historiens Marlène CROISE et Pascal PIERRE de Cognac, cette glacière ne serait restée qu'à l'état de projet, et n'aurait par conséquent pas existé...

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LE PETIT ROYAN
Informations glanées "ici et là" auprès "d'anciens"...! Si vous avez d'autres infos... je suis preneur. Merci

Carte postale

Carte postale

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Jadis, le Petit Royan était situé au bas de l' ex auberge de Chatenay, au pied de l'église de St Marmet.
Ce lieu était incontournable au début du XXème siècle. Je me souviens en avoir encore entendu parler dans les années 60, puis plus rien !
Chez "Karolo", il y avait une piste de danse, un pick-up mais pas d'orchestre ! Les habitués venaient se détendre le dimanche, danser, faire du bateau... et même y pratiquer quelques plaisirs coquins...
En effet, on m'a relaté que c'était aussi un lieu de rendez-vous, une maison de passe comme on dit...
"Les gars venaient, mangeaient puis sortaient par derrière vers la ligne de chemin de fer..."
Des chambres étaient aménagées pour ces rencontres, à condition de trouver soi même son élue car il n'y avait pas de fille sur place !

Ph Dumas

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Les "DUMAS" de Boutiers St-Trojan

Travail de Thierry Chollet sur les recensements de la population de Boutiers St-Trojan entre 1841 et 1901, et plus particulièrement sur le nom de DUMAS...

Ce travail considérable est disponible (format PDF) en cliquant ICI

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© Philippe Dumas - Juillet 1999 - Tous droits réservés

(Dernière mise à jour : juillet 2012)