| UNE BOULANGERIE
A BOUTIERS EN 1888 © Patrick Huraux
En compulsant attentivement les archives, nous pouvons découvrir
qu'une boulangerie existait déjà fin du XIXème
siècle.
Cet établissement était tenu par la famille Lacombe.
Cette famille est arrivée sur notre territoire au tout début
de l'année 1842 en la personne de François Lacombe (1806-1879).
Ce dernier épouse une fille du pays, Marie Bellot, en juin 1842.
Leur fils François Lacombe, est né à Boutiers le
11 décembre 1851.
Après avoir été réformé en 1871,
il épouse à Boutiers le 15 avril 1873, Célestine
Lévêque (1851-1917).
Il exerce premièrement la profession de tonnelier, puis fin des
années 1880, il oriente sa carrière vers le métier
de boulanger.
Avant la révolution, des fours dis banaux, à l'utilisation
très réglementée, permettaient à la population
de cuire leur pain à certaines conditions. Les familles les plus
aisées possédaient personnellement en leurs demeures leurs
propres fours à pain.
Avec la disparition de la banalité, la confection du pain, denrée
première et vitale, fut un souci majeur pour l'ensemble de la
population.
Un créneau était donc à prendre et François
Lacombe prit l'initiative de produire et vendre du pain.
Ayant hérité de ses parents par acte du 14 janvier 1874
(Hériard - Cognac) d'un immeuble situé au centre de notre
commune, il aménage l'une des parties en boulangerie.
Il exerce la profession de boulanger peu de temps, vraisemblablement
de 1888 à 1890. Puis il devint propriétaire terrien sur
la commune de Nercillac.
Entre temps par acte du 4 et 9 octobre 1890 (Hériard - Cognac),
il cède sa boulangerie à Alexandre Lestrade, garçon
boulanger, demeurant à Boutiers.
La dite vente comprenait :
"Un corps de bâtiment d'habitation composé de
deux chambres basses séparées par une entrée servant
de boutique, cuisine, four et boulangerie derrière, grenier,
puits commun avec Girard et Moyet, et autres dépendances, le
tout d'un seul tenant situé au bourg de Boutiers, confrontant
dans l'ensemble du midi à la Grande Rue de Boutiers, du nord
à Girard, Moyet et Philippe Girard, du levant à Moyet,
du couchant à une petite ruelle.
Plus le fonds de commerce de boulangerie que le dit sieur Lacombe exploite
à Boutiers, comprenant la clientèle et l'achalandage attachés
audit fonds.
S'ajoute le matériel ci-après décrit, savoir :
- une jument rouge âgée de six années et estimée
300 francs
- un harnais de cheval estimé 65 francs
- deux chars à banc estimés 500 francs
- un pétrin en bois de noyer estimé 100 francs
- soixante pannetons estimés 60 francs
- les linges environ soixante morceaux estimés ensemble 20 francs
- six pelles et deux rouables estimés 40 francs
- un étouffoir estimé 20 francs
- un comptoir en bois blanc estimé 40 francs
- des balances estimées 20 francs
- une série de poids estimée 10 francs
- une bascule estimée 20 francs
- deux seaux en bois estimés 5 francs
Montant global : 1200 francs".
Par cette description, nous pouvons déduire que le sieur-boulanger
Lacombe effectuait des livraisons de pain avec sa jument et son char
à banc (les tournées).
Monsieur Lestrade, en échange de cette vente, s'engage à
partir du 1er novembre 1890, à prendre en charge les contributions
de toutes natures auxquelles le dit fonds de boulangerie peut être
assujetti et de satisfaire à toutes les charges de ville et de
police qui peuvent lui incomber.
Il est également spécifié sur l'acte que François
Lacombe ne pourra créer aucun fonds de boulangerie dans la commune
de Boutiers et des communes limitrophes pendant une période de
10 ans.
La vente est conclue pour un montant total de 8000 francs (soit 3000
francs de matériel, achalandage, fonds de boulangerie et 5000
francs d'immeubles).
Lestrade s'engage à rembourser la somme sous un délai
de 10 ans avec intérêt de 5% l'an. Ses parents, Jean Lestrade
et Françoise Marie Martin, se portent garants.
La famille Lestrade est native de Royère en Creuse. Jean Lestrade,
tailleur de pierre est arrivé à Boutiers vers 1855-56.
L'un de ses fils est Alexandre Lestrade.
Ce dernier, né à Boutiers le 15 août 1866, garçon
boulanger (peut-être chez François Lacombe), achète
donc les 4 et 9 octobre 1890 la boulangerie de Boutiers.
Quelques jours plus tard, soit le 28 octobre 1890, il convole à
Boutiers en justes noces, avec Mathilde Baraud (1867-1920). Il a trouvé
"sa boulangère". Quatre petits mitrons naîtront
de cette union.
Il semble exercer la profession de boulanger à Boutiers jusque
vers les années 1920-22.
La boulangerie ne sera pas reprise. Il décèdera à
Cognac le 24 février 1953.
Notons également que Louis-Alphonse Lestrade (1870-1941), exercera
aux côtés de son frère aîné Alexandre,
la profession de boulanger à Boutiers (vers les années
1895-1897).
Puis avec son épouse Florence Baraud (sœur cadette de Mathilde),
ils feront le choix de tenir une épicerie dans la Grande Rue...
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